Mot du Vice-Président 7.12.2011
Election du Conseil fédéral ou poker menteur ?
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Jamais l’élection du Conseil fédéral n’aura été si discutée et incertaine que celle qui nous attend le 14 décembre prochain. Le résultat des élections du Parlement et en particulier la dilution des forces centristes contribuent largement à ce climat d’incertitude. Si certains partis dévoilent progressivement leur stratégie, on peine encore à voir clair dans les réelles aspirations d’autres.
Ainsi donc, le Parti socialiste a déclaré son soutien à Eveline Widmer-Schlumpf, élue sous les couleurs UDC il faut le rappeler. Le PS montre ainsi clairement sa volonté de construire, avec le PDC et le PBD, une majorité au Conseil fédéral. En présentant deux ténors, au détriment du Valaisan Rossini, à la succession de Micheline Calmy-Rey, il assure quasiment ses deux sièges au Gouvernement. Dans ce contexte, la candidature valaisanne ne pesait pas lourd.
A l’heure où j’écris ces lignes, le PDC n’a pas annoncé ses intentions mais il ne semble pas y avoir de doute sur son soutien à Evelyne Widmer-Schlumpf. Question pour la direction du parti: quelle sera sa loyauté envers Bruno Zuppiger, candidat officiel UDC, qu’elle avait sollicité, sans succès à l’époque, pour écarter Christophe Blocher?
Au sein du PLR on sent bien que le siège de Johann Schneider-Amman est fortement menacé. Avec un peu de recul on peut se demander si une candidature unique de Karin Keller-Sutter, pour le remplacement de Beat Merz en 2010, n’aurait pas été plus judicieuse. Réponse le 14 décembre, avec le ferme espoir du maintien de deux sièges pour le PLR.
A l’UDC, ça ne doit pas rigoler. Les nombreux échecs enregistrés par les Amstutz, Blocher ou autres Brunner ne semblent pas apporter la sérénité souhaitée par le premier parti de Suisse. Après avoir vainement cherché une candidature de poids, on ressort celle de Bruno Zuppiger que le parti avait dédaigneusement écarté en 2008 au moment de la succession de Samuel Schmid. De plus, avec celle de Jean-François Rime, on peine à saisir les intentions de l’UDC. Tient-elle vraiment à ce deuxième siège ? Souhaite-t-elle quitter le Gouvernement pour revenir cette force d’opposition qui lui a valu tant de succès ? Pourquoi ne pas avoir mis en avant la candidature d’Oscar Freysinger, le Romand le plus en vue du parti et candidat à la vice-présidence de celui-ci ?
Enfin, dernière question aux parlementaires appelés à renouveler l’ensemble du Conseil fédéral ce 14 décembre, en quoi le bilan d’Ueli Maurer au Gouvernement justifie plus sa réélection que celle de n’importe quel autre candidat?





