Justice valaisanne, renforcer la confiance et moderniser avec bon sens

La justice n’est pas toujours au centre de l’attention publique. Elle est souvent critiquée lorsque les décisions déplaisent, sollicitée lorsque les tensions augmentent, mais rarement saluée pour le travail quotidien qu’elle accomplit. Pourtant, elle reste l’un des piliers essentiels de notre État de droit.

À la lecture des rapports 2025 relatifs à la justice valaisanne, le groupe PLR au Grand Conseil tient d’abord à exprimer sa reconnaissance envers toutes celles et ceux qui font vivre nos institutions judiciaires, magistrats, procureurs, greffiers, collaboratrices et collaborateurs administratifs, membres du Conseil de la magistrature et partenaires de la chaîne judiciaire.

Ces rapports montrent une réalité claire. La justice valaisanne est sous pression. Les affaires deviennent plus nombreuses, plus complexes, et les attentes de la population augmentent. Le Ministère public doit faire face à de nouveaux défis, qu’il s’agisse de cybercriminalité, de violences domestiques ou de criminalité organisée. Les tribunaux, eux aussi, doivent répondre à des exigences croissantes, notamment en matière de délais, de sécurité, de protection des données et de numérisation.

Mais derrière les chiffres, il y a des personnes. Une victime qui attend réparation. Une famille qui espère une décision. Une entreprise bloquée par un litige. Un citoyen qui cherche simplement à comprendre ce qui lui arrive. Parler de délais judiciaires, ce n’est donc pas parler uniquement d’organisation administrative. C’est parler du temps de vie des personnes concernées.

Le Parlement a récemment accordé des ressources supplémentaires au Ministère public. Nous nous en réjouissons. Mais notre position est claire. Il faut maintenant laisser ces moyens produire leurs effets, en mesurer les résultats de manière objective, puis évaluer les besoins futurs sur cette base. C’est une question de bonne gouvernance, mais aussi de respect envers les contribuables.

Pour le PLR, la réponse aux défis de la justice ne peut toutefois pas se limiter à demander toujours plus de postes. Il faut aussi moderniser. Le projet eJustice, le renforcement du soutien administratif, la spécialisation de certaines fonctions et l’utilisation réfléchie des nouvelles technologies sont des pistes indispensables. La numérisation ne doit pas être un slogan ni un simple projet informatique. Elle doit permettre de simplifier les processus, de gagner du temps et de recentrer les magistrats sur leur mission principale, rendre la justice.

Moderniser, c’est aussi avoir le courage de revoir certaines habitudes, de clarifier les responsabilités et d’adapter les structures lorsque cela devient nécessaire. Une justice efficace ne dépend pas uniquement du nombre de personnes qui y travaillent, mais aussi de la qualité de son organisation.

Certains défis appellent par ailleurs une réponse plus large. Le manque chronique de places pour l’exécution des mesures thérapeutiques institutionnelles est connu depuis trop longtemps. Il touche à la sécurité publique, à la prévention de la récidive et à la prise en charge de personnes vulnérables. L’État doit pouvoir assumer pleinement ses responsabilités dans ce domaine.

La situation du Tribunal des mineurs mérite également une attention particulière. L’augmentation des dénonciations et le manque de structures adaptées pour certains jeunes en difficulté ne relèvent pas seulement de la justice. Ils concernent aussi l’éducation, la santé, le social et la prévention. Une réponse coordonnée est indispensable.

Enfin, le Conseil de la magistrature a démontré son utilité dans le paysage institutionnel valaisan. Son rôle contribue à renforcer la confiance dans nos institutions, à condition de toujours respecter les principes de transparence, de proportionnalité et d’indépendance judiciaire.

La confiance dans la justice ne se décrète pas. Elle se construit chaque jour, par des décisions de qualité, compréhensibles et rendues dans des délais raisonnables. Le groupe PLR prend acte des rapports présentés et encourage l’ensemble des acteurs concernés à poursuivre les réformes nécessaires.

Car la meilleure justice n’est pas forcément celle dont on parle le plus. C’est celle qui fonctionne suffisamment bien pour que chacune et chacun puisse continuer à avoir confiance en elle.