Reconstruction et travaux dans le Val de Bagnes

Le Grand Conseil valaisan s’est prononcé sur trois objets liés à la sécurisation d’une partie importante du Val de Bagnes, après les événements naturels survenus dans la région depuis l’été 2024. Le groupe PLR/FDP a soutenu ces décisions, tout en appelant le Conseil d’État à développer une vision plus large pour anticiper la multiplication des événements naturels extrêmes.

Pour Alexandre Luy, ce dossier dépasse largement la seule question des montants engagés. Il touche à la protection de la population, au maintien de la mobilité, à la sécurité des infrastructures et à la capacité du canton à investir de manière responsable dans sa résilience.

Le groupe PLR a soutenu les trois objets soumis au Grand Conseil. Pourquoi ?

Parce que ces trois objets répondent en réalité à une seule et même problématique : protéger la population, maintenir les accès et sécuriser durablement une partie importante du Val de Bagnes.

Nous ne parlons pas uniquement de crédits ou de décisions techniques. Derrière ces montants, il y a des familles, des entreprises, des infrastructures publiques et toute une région qui a dû faire face à une situation exceptionnelle. Les habitants de Champsec, de Sarreyer ou de Lourtier savent très concrètement ce que ces événements ont représenté dans leur quotidien.

Dans ce contexte, il était juste et nécessaire d’apporter une réponse rapide, sérieuse et responsable.

Qu’est-ce qui justifie, selon vous, ces investissements ?

Ces investissements ne servent pas simplement à réparer des dégâts passés. Ils visent surtout à réduire les risques futurs.

Le nouveau pont, la galerie, les mesures de protection des cours d’eau ou encore la sécurisation de Champsec s’inscrivent dans une logique que le PLR partage pleinement : ne pas reconstruire à l’identique, mais reconstruire mieux.

C’est une différence importante. Lorsqu’une région est touchée par des événements naturels majeurs, la réponse publique ne peut pas se limiter à remettre les choses comme avant. Elle doit permettre de renforcer la sécurité, d’améliorer la résilience des infrastructures et de mieux protéger les habitants pour les années à venir.

Vous avez aussi tenu à remercier les acteurs engagés sur le terrain. Pourquoi était-ce important ?

Parce que le travail réalisé depuis l’été 2024 a été considérable.

La commune de Val de Bagnes, les services cantonaux, les entreprises mandatées et toutes les personnes engagées sur le terrain ont permis de maintenir les accès, de sécuriser les habitants et de préparer les solutions durables qui ont été soumises au Grand Conseil.

Dans ce type de situation, on parle souvent des montants, des ouvrages ou des décisions politiques. Mais il ne faut jamais oublier l’engagement très concret de celles et ceux qui interviennent directement sur le terrain. Sans ce travail, la situation aurait été bien plus difficile pour les habitants et pour l’ensemble de la région.

Le PLR soutient donc ces objets, mais vous avez aussi posé une question plus large. Laquelle ?

La question est celle de l’anticipation.

Nous parlons encore souvent d’événements exceptionnels. Pourtant, chacun constate que les événements naturels extrêmes se répètent avec une fréquence qui n’était pas envisagée de la même manière il y a quelques années.

Ce dossier du Val de Bagnes n’est donc pas seulement un dossier local. Il pose une question cantonale : comment le Valais entend-il se préparer, financièrement et stratégiquement, à la multiplication possible de ces événements ?

Les collectivités publiques devront probablement faire face à des besoins d’investissement toujours plus importants pour protéger la population, les routes, les villages, les infrastructures et les activités économiques.

Que demande concrètement le PLR au Conseil d’État ?

Nous souhaitons connaître la vision du Conseil d’État pour les prochaines années.

Comment le canton entend-il anticiper financièrement ces événements ? Comment cette réalité sera-t-elle intégrée dans les futures exigences budgétaires ? Comment garantir que les investissements nécessaires puissent être réalisés, tout en respectant les contraintes financières du canton ?

Pour le PLR, cette question est essentielle. Nous sommes fortement attachés au respect du double frein constitutionnel. La sécurité de la population est une priorité, mais elle doit s’inscrire dans une gestion responsable des finances publiques.

Il ne s’agit donc pas d’opposer sécurité et rigueur budgétaire. Il s’agit au contraire de préparer l’avenir avec sérieux, afin d’éviter d’être systématiquement dans la réaction.

Certains pourraient dire que ces questions budgétaires viennent trop tôt, alors que l’urgence est de sécuriser. Que leur répondez-vous ?

Je leur réponds que les deux dimensions sont complémentaires.

Face à une situation concrète, il faut évidemment agir. C’est pourquoi le groupe PLR a soutenu les trois objets soumis au Grand Conseil. Nous ne remettons pas en question la nécessité de ces investissements.

Mais gouverner, c’est aussi anticiper. Si ces événements deviennent plus fréquents, alors il faut se demander comment le canton pourra durablement y faire face. Les citoyens sont en droit d’attendre des autorités cantonales non seulement des réponses rapides, mais aussi une vision à long terme.

C’est précisément le rôle du Parlement : soutenir les mesures nécessaires aujourd’hui, tout en posant les bonnes questions pour demain.

Quel message politique faut-il retenir de ce dossier ?

Le message est simple : le Valais doit protéger sa population et ses infrastructures, mais il doit le faire avec responsabilité.

Le PLR soutient les investissements nécessaires lorsqu’ils sont justifiés, proportionnés et orientés vers l’avenir. Dans le cas du Val de Bagnes, les objets présentés répondent à cette exigence. Ils permettent de renforcer la sécurité, de maintenir la mobilité et de reconstruire de manière plus résiliente.

Mais ce dossier doit aussi servir de signal. Les événements naturels extrêmes ne peuvent plus être considérés uniquement comme des exceptions isolées. Le canton doit se préparer à cette nouvelle réalité, avec une vision claire, une planification sérieuse et une gestion financière rigoureuse.

C’est ainsi que nous pourrons protéger durablement les Valaisannes et les Valaisans, sans renoncer à la responsabilité budgétaire qui doit guider l’action publique.